Tout savoir sur les gardes suisses !

La Garde Suisse, au Vatican
La Garde suisse, au Vatican, a toute une histoire… elle a même changé plusieurs fois d’uniforme – ce que n’a pas envisagé le pape Pie XIII dans la série The Young Pope !

D’où vient la Garde suisse et ses militaires, que l’on retrouve toujours dès qu’il est question de filmer quelque chose au Vatican, comme dans The Young Pope ? (Le mari d’Esther – Ludivine Sagnier – en est un). Que faut-il pour devenir garde suisse et se mettre ainsi au service direct du pape ?

D’où vient la Garde suisse ?

Crée par le pape Jules II le 22 janvier 1506 (annoncé depuis le 7 décembre 1505), la Garde Suisse est la plus petite armée du monde (110 militaires), chargée de veiller à la sécurité du pape et du Vatican. Il fut un temps où le seul métier autorisé pour un Suisse hors de Suisse était d’être mercenaire. C’étaient alors de très bons soldats : le futur Jules II, encore évêque de Lausanne, avait remarqué chez eux cette qualité, pendant les guerres de Bourgogne.

La Garde suisse est la dernière encore existante (des détachements de mercenaires suisses servaient de garde rapprochée et protocolaire pour différentes cours européennes à partir du XVe siècle : y compris en France, ils protégèrent Louis XVI lors de l’attaque des Tuileries, et la plupart périrent pour sauver le roi…

Les accords du Latran (1929) signés entre l’Etat italien et l’Eglise catholique sont une étape importante pour la Garde suisse : ils comportent un traité qui reconnaît au Saint-Siège une juridiction souveraine, exclusive et absolue sur le Vatican. Celui-ci, précise, à l’article 3 :

« L’Italie reconnaît au Saint-Siège la pleine souveraineté et l’autorité exclusive et absolue et juridiction souveraine sur le Vatican, tel qu’il est actuellement constitué, avec toutes ses pertinences et dotations, en créant de cette façon la Cité du Vatican dans les buts spécifiques et avec les modalités du présent Traité. »

Un autre paragraphe reprend et précise la question des accès et des frontières :

« Il est entendu que la place Saint-Pierre, tout en faisant partie du Vatican, continuera d’être normalement ouverte au public et assujettie aux pouvoirs de police des autorités italiennes ; lesquelles s’arrêteront au pied des marches de la basilique, bien que celle-ci continue d’être destinée au culte public, et par conséquent elles s’abstiendront de gravir les marches et d’accéder à ladite basilique, sauf si elles y sont invitées par l’autorité compétente. Si le Saint-Siège, en vue de fonctions particulières, souhaitait soustraire temporairement la place Saint-Pierre à la libre circulation du public, les autorités italiennes, à moins qu’elles ne soient invitées à rester par l’autorité compétente, se retireront au-delà des traits extérieurs de la colonnade du Bernin et de leur prolongement. »

La création du nouvel État de la Cité du Vatican pose aussi une question délicate à la Confédération helvétique, du moment qu’il s’agissait de permettre à certains de ses citoyens de s’enrôler dans une « armée » étrangère. La question fut résolue par un délibéré du Conseil fédéral suisse, qui, quatre jours après la signature des accords, précise :

« Il est difficile de considérer la garde papale comme un corps armé étranger, au sens de l’article 94 du Code pénal militaire, dans la mesure où cette troupe est une simple garde de police, quiconque pourra y prêter service sans l’autorisation du Conseil fédéral. »

C’est aussi en 1929 que commencent les travaux pour la construction des locaux d’habitation des officiers et sous-officiers de la garde, et que l’on achève la restauration de la petite église des Saints-Martin-et-Sébastien que Pie V avait fait bâtir en 1568 dans le quartier des Suisses… S’il leur est demandé d’être célibataires, c’est surtout à cause de la vie en caserne où ils sont plusieurs par chambre, et qu’il y a peu de logements indépendants…

Que faut-il pour devenir Garde suisse ?

Le site Internet de la Curie romaine dresse très clairement la liste des qualités nécessaires pour devenir soldat du pape :

« Je suis citoyen suisse. Je suis de foi catholique romaine. J’ai une réputation irréprochable. J’ai fréquenté l’école des recrues en Suisse. J’ai entre dix—neuf et trente ans. Je mesure au moins 1 74 centimètres. Je suis célibataire. Je suis titulaire d’un certificat d’aptitude professionnelle ou d’un baccalauréat. »

Bref : sexe masculin, suisse, taille moyenne, célibataire et… catholique. Précisons, sur cet aspect, qu’il faut obligatoirement être baptisé, confirmé, avoir fait sa première communion, avoir une lettre d’un prêtre suisse qui certifie que vous puisez vos forces aux sacrements de l’Eglise… Il faut enfin avoir fait au moins 1 des 2 années de service militaire (si on en a fait qu’une on peut faire la seconde à la Garde suisse mais comme on signe pour au moins 2 ans, on a donc un service militaire de 3 ans !). Le salaire mensuel d’environ 1 350 euros. On ne peut se marier qu’après l’âge de vingt-cinq ans, à condition d’avoir trois ans d’expérience et le grade de caporal, et de s’engager à servir l’Église de Rome pendant au moins trois années encore.

Que fait la police ?

Les deux tiers du personnel sont attachés à la garde des différentes entrées des palais apostoliques : dans la cour Saint-Damase, dans celle du Belvédère, aux étages des Loggias, dans la salle Royale, face aux bureaux du secrétariat d’État, dans les appartements privés du pape. De plus, la garde surveille les accès extérieurs : accès du Petriano, Arc des Clochers, porte de Bronze et porte Sainte-Anne.

Les gardes suisses sont de service d’honneur et de sécurité chaque fois que le pape est présent : lors des cérémonies à la basilique Saint-Pierre, des audiences générales et au cours des visites de chefs d’États étrangers, etc. Il y a ensuite les inspections, les marches, les exercices de tir, les répétitions de la fanfare, le chœur…

Les cent seize soldats sont répartis en trois escadrons qui alternent au cours de la journée. L’un est de service, l’autre de renfort, le troisième a quartier libre. Trois officiers et un groupe de sous-officiers travaillent sous les ordres du commandant-colonel. En général, les officiers et le sergent-major travaillent en civil. Le chapelain du corps est l’équivalent d’un lieutenant-colonel. Les gardes se restaurent à la cantine interne, gérée par les religieuses albertines.

Le drapeau de la garde suisse est partagé en quatre champs par une croix blanche. Le premier affiche le blason du pape régnant, le quatrième celui de Jules II, les deux étant sur fond rouge. Les deuxième et troisième champs se rehaussent en revanche des couleurs du corps militaire : le bleu, le rouge et le jaune. Au point d’intersection des bras de la croix, se détache le blason du commandant en charge.

Bon à savoir

Dans les guide touristiques de Rome, il est dit que l’uniforme fut dessiné par Raphaël chargé à l’époque de la décoration du Vatican. En réalité, chaque pape, avec sa fortune personnelle, s’il le souhaite, peut faire changer l’uniforme et les couleurs de la garde. Le dernier en date à le faire fut Benoit XV au début du 20ème siècle.

Enfin on ne peut parler de la Garde suisse sans parler du 6 mai 1527 : 40.000 soldats sous les ordre des Bourbons attaquèrent Rome. Rome de son côté avait formé à la hâte, pour se défendre, une armée de 3.000 hommes et quelques anciens gardes suisses étaient venu prêter main forte pour former une troupe de 189 gardes suisses sous les ordre du Commandant Kaspar Roist. Autant vous dire que les 3.000 hommes ne furent pas le poids et que les 189 gardes suisses furent le dernier rempart pour protéger le pape. Il décidèrent alors d’amener le pape au château Saint Ange pour le mettre à l’abri. Certains partir avec le pape et d’autres restèrent pour retarder l’armée adverse. Le pape fut sauvé. Il restait alors seulement 42 gardes suisses qui réussir à tenir le siège jusqu’au 5 juin, où le pape finit par se rendre contre l’assurance de sa vie sauve et de celle de ses garde, contre une rançon en or et en territoire, avec l’assurance de continuer d’être pape et la possibilité que les gardes suisses encore en vie puissent rester dans sa garde personnelle. Depuis, la fête de la Garde suisse est le 6 mai : si vous êtes à Rome ce jour-là, vous pouvez aller les voir défiler place Saint-Pierre !

Un autre anniversaire

En mai 2006, la garde suisse a fêté le cinquième centenaire de sa fondation. Le pape Benoît XVI a alors déclaré, dans son homélie :

« Devenir gardes suisses signifie adhérer sans réserve au Christ et à l’Eglise, prêts pour cela à donner leur propre vie.(…) A Rome, où se trouve en effet le centre de l’Eglise universelle, se croisent des chrétiens du monde entier. L’Eglise catholique est internationale et malgré la multiplicité de ses formes elle est une. Cette unité s’exprime dans la profession de foi et se manifeste concrètement dans le lien avec Pierre et le Pape, son Successeur. L’Eglise rassemble des hommes et des femmes de cultures très diverses, qui forment ensemble une communauté de vie et de foi, c’est cette expérience de grande importance que l’Eglise vous offre aujourd’hui, afin de la communiquer ensuite à d’autres, de montrer que dans la foi en Jésus-Christ, des mondes différents peuvent être une chose seule et créer des ponts de paix et de solidarité entre peuples. »

 

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